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13.04.2012

Touaregs de l’Azawad

Alfonsi - "Il faut engager le dialogue avec le MNLA"

Avant un débat important au parlement européen sur la situation au Mali qui aura lieu mardi prochain en présence de la Haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères, le député européen François Alfonsi a souligné l'importance du dialogue avec les Touaregs de l'Azawad.

M. Alfonsi - fondateur du groupe d'amitié avec le peuple amazigh au Parlement Européen - a fait son appel dans une déclaration publiée aujourd'hui.

Déclaration de François Alfonsi

Le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) est un mouvement qui défend le droit à la liberté et la dignité des populations du nord-Mali, berceau du peuple Touareg. Ce territoire a été marginalisé depuis l’accession du Mali à l’indépendance en 1960.

Le MNLA  n’a aucune affinité avec l'islamisme intégriste, au contraire. Ses combattants rassemblés sous le drapeau Berbère, revendiquent leur identité amazighe avec force, qui rejette les préceptes de la charia, et qui met en avant un « droit coutumier amazigh » beaucoup plus tolérant, notamment vis à vis de la condition des femmes.

La présence des groupes islamistes armés dans l’Azawad se fait contre la volonté du MNLA qui a déclaré à maintes reprises sa volonté de combattre ces groupes s’il en avait les moyens. Malgré cela, cette présence contribue à alimenter une démarche internationale du régime malien pour obtenir l'engagement d'un soutien militaire extérieur contre le MNLA.

On connaît l'engrenage dans lequel Bamako veut aller, avec le soutien éventuel de la diplomatie française : obtenir des appuis aériens grâce à une coopération internationale, et, par des bombardements qui feront immanquablement de nombreuses victimes civiles, reprendre une à une le contrôle des villes-garnisons en remontant le fleuve Niger.

La suite de ce scénario, s’il réussit, ce qui est loin d'être acquis car le MNLA fait preuve d'une capacité militaire et stratégique évidente, est connue d'avance. Des milliers de victimes civiles seraient à déplorer, et des dizaines de milliers de réfugiés viendraient alimenter un nouveau drame humanitaire en Afrique. L'influence islamiste en serait immanquablement renforcée, et c'est une déstabilisation à long terme que préparerait un tel choix stratégique.

Engager le dialogue avec le MNLA est l'autre option stratégique. Elle serait incomparablement plus avantageuse, en évitant un désastre annoncé pour les années à venir, et en permettant une stabilisation de la région face au risque islamiste. Le MNLA, et les populations touarègues, seront de bien meilleurs remparts contre la propagation de l'intégrisme que tous les régimes militaires maliens sous perfusion occidentale.

Il est urgent d'engager un dialogue direct avec le MNLA et de remettre en cause la diplomatie post-coloniale prônée par la France, avant qu'elle ne commette l'irréparable.