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16.04.2014

Bruit des avions

Les Verts dénoncent un règlement qui empêchera dorénavant toute réduction sérieuse du bruit à la source

Le Parlement européen vient de confirmer un accord législatif qui révise les règles relatives à la gestion du bruit dans les aéroports de l'Union européenne que les Verts ont massivement rejeté. Cet accord qui vise en réalité à protéger les intérêts des compagnies aériennes et à "limiter les risques de disputes internationale en cas de nouvelles restrictions d'exploitation frappant les avions de pays tiers"  met, pour ces raisons, gravement en péril la capacité des aéroports et des autorités compétentes à protéger les populations locales (par l'interdiction de certains types d'avions, la limitation du nombre de vols ou la suppression des vols de nuit, par exemple.) 

S'exprimant à l'issue du vote en plénière, dans le contexte particulier des nouvelles procédures de vols récemment introduites par le gouvernement belge à l'aéroport de Zaventem (Bruxelles), Isabelle DURANT, porte-parole du Groupe des Verts/ALE sur les questions des transports a estimé que:

"Au lieu de proposer, enfin, de solides règles européennes visant à réduire les nuisances, la pollution, les problèmes de santé et les risques posés par les aéroports, cet accord législatif vise au contraire à maximiser la capacité des aéroports européens.  La Commission européenne a cédé au lobby intense de l'industrie du transport aérien et la majorité de cette assemblée lui emboîte le pas en donnant son soutien à ce nouveau règlement qui rendra bientôt virtuellement impossible toute nouvelle réduction du bruit des avions à la source. C'est tout à fait regrettable. 

Le vote d'aujourd'hui revêt une importance toute particulière dans le contexte du plan Wathelet de dispersion des vols, récemment validé par le gouvernement belge pour l'aéroport de Bruxelles Bruxelles-Zaventem National (Zaventem).

Cette réorganisation des procédures de décollage et d'atterrissage imposée par le gouvernement fédéral sans véritable consultation préalable ou étude d'impact digne de ce nom, a conduit à une série de survols inutiles des zones les plus densément peuplées de la capitale et une augmentation massive du nombre de personnes qui subissent ces survols. 

Ainsi, alors même que le ministre belge de la mobilité a mis en œuvre, faute de mieux, une dispersion aberrante des vols dont le bruit affecte et met dorénavant en colère des centaines de milliers de nouveaux bruxellois survolés, ce règlement ôtera encore aux autorités nationales, si tant est qu'elles voulaient s'en servir, des possibilités de réduire les opérations ou de limiter l'accès à l'aéroport aux avions les plus bruyants. Malheureusement, le plan Wathelet est exactement le genre de politique qui menace beaucoup d'autres européens du fait des nouvelles entraves que le règlement voté aujourd'hui impose sur l'adoption de restrictions d'exploitation. "