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19.10.2011

Le premier semestre européen et sa contribution à la stratégie UE 2020

Une étude réalisée à la demande des Verts/ALE

L'Union européenne se moque des objectifs qu'elle s'assigne à elle-même.

Voilà comment pourrait être synthétisée une étude réalisée pour le groupe des verts sur le Semestre européen. Cette étude est la première du genre à examiner l'ensemble des recommandations que l'UE a adressé aux 27 Etats membres, et à analyser leur cohérence au regard des performances propres de ces pays et des objectifs fixés.  Plus globalement, elle évalue la valeur ajoutée des nouveaux instruments que sont le Semestre Européen et la gouvernance économique.

L'étude démontre que la prolifération de nouveaux outils, mis en place au niveau de l'UE pour juguler la crise et aligner les priorités des Etats membres, ne contribue en rien à la réalisation des objectifs économiques, sociaux, environnementaux de l'UE.

Des objectifs en termes de R&D, de réduction de la pauvreté ou de performances énergétiques avaient été adoptés à l'unanimité en 2010. Pourtant, aucun de ceux-ci ne sont reflétés dans les recommandations, ce qui en retour n'incite en rien les Etats membres à avancer sur ces plans, alors que la crise sociale frappe durement les Européen(ne)s, dont les perspectives semblent s'assombrir de jour en jour, et que la crise écologique se précise. En outre, la montée dans la chaîne de valeurs de pays émergents met en évidence que la compétitivité ne se joue plus autour des salaires, comme semble pourtant encore l'envisager l'UE en dépit du Traité et des règles de gouvernance économique.

L'efficacité du dispositif est par ailleurs minée par l'absence de prioritisation dans les recommandations comme en atteste le fait que les pays affichant un taux d'emploi très élevé soient épinglés au même titre que ceux dont les performances sont médiocres.

Enfin, la Stratégie Europe 2020 se fourvoie dans les mêmes égarements que son prédécesseur, la Stratégie de Lisbonne, qui avait déjà failli à réaliser ses propres objectifs en oubliant d'impliquer les parlements nationaux, les partenaires sociaux et les ONG. Aucune leçon ne semble donc avoir été tirée des erreurs d'un passé pas si lointain. Or, en cette heure critique pour la construction européenne et le bien-être de ces 500 millions d'habitants, aucun progrès en matière de coordination des politiques économiques ne peut s'envisager sans un saut qualitatif majeur vers une plus grande démocratisation et participation.

(L'étude n'est actuellement disponible qu'en langue anglaise)

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Philippe Lamberts

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