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06.06.2012

Semaine européenne de l'Abeille

Au delà de la communication, interdire les insecticides néonicotinoides rapidement est nécessaire

Du 3 juin au 6 juin 2012, le Parlement européen à Bruxelles accueille la Semaine européenne de l’abeille et de la pollinisation. A l’approche de RIO +20, une exposition et un colloque international sont organisés à l'attention du grand public et des professionnels.

Pour Michèle RIVASI, députée européenne vice-présidente du Groupe des Verts/ALE au PE:

"Mettre la santé des abeilles et le maintien du service de la pollinisation au cœur des débats est primordial. Mais ce genre d'évènement doit absolument être suivi d'actions concrètes. Les populations d'abeilles déclinent dramatiquement et les causes de mortalité sont multifactorielles. Les pesticides ou les OGM y contribuent fortement. C'est pourquoi il faut appliquer le principe de précaution et revoir le protocole d'autorisation de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), qui permet la mise sur le marché de produits sans études d'impact complètes sur les pollinisateurs.

"Au lieu de jouer aux apprentis sorciers, tournons-nous vers les solutions. La mise en place d'un réseau européen d'apiculteurs biologiques permettrait l'échange de bonnes pratiques et l'obtention d'une certification européenne garantissant aux consommateurs un miel sans produits chimiques et ajouts de conservateurs, comme c'est le cas dans certains pays asiatiques".

José BOVE, vice-président de la commission Agriculture et développement rural déclare:

"Les populations d'abeilles, essentielles à au moins 80% des plantes cultivées, ont besoin de couverts apicoles en supplément des cultures. Mais elles cesseront  de décroître si elles sont mieux protégées des effets toxiques des pesticides auxquelles elles sont exposées. Le 1er juin, le nouveau ministre français Stéphane Le Foll, a pris la décision d'interdire le Cruiser OSR pour le colza. Cette volonté politique claire devra être poursuivie pour le maïs au regard des résultats obtenus en Italie depuis 2008".

"Publiée en juin dernier, une étude démontre que les mortalités observées sont tombées de 37,5 % sur la période 2007-2008 (avant l’interdiction) à 15% pour la période 2010-2011.Pour autant, sur cette période, les rendements des maïsiculteurs n’ont pas diminué.

Dans le même temps, les mortalités d’abeilles sont de 30% en moyenne dans les autres pays de l’UE. Il faut donc que le ministre français et ses collègues européens des pays qui utilisent encore des insecticides néonicotinoïdes sur le maïs poursuivent leur action en faveur de la protection des abeilles, des apiculteurs, des agriculteurs et des citoyens."