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Peace Prize for Snowden

Nomination of Edward Joseph Snowden for the 2014 Nobel Peace Prize



To the attention of the Norwegian Nobel Committee: We hereby wish to nominate Mr Edward Joseph Snowden (born 21 June 1983) for the 2014 Nobel Peace Prize for his unique contribution to the advancement of democratic values and the global consciousness of human interdependency and interconnectedness, which are conditions for universal peace. In June 2013, we all discovered the face of a young man, who had overnight become an icon of state treason for some and a heroic defender of the most basic freedoms for many more. When he disclosed and published documents on secret services tapping the internet, phone calls and other communications data, Mr Snowden shed light on the largest and most systematic privacy violations the “free world” had seen in decades. A former technical contractor for the US National Security Agency (NSA) and CIA employee, Mr Snowden leaked thousands of NSA documents revealing deeply intrusive and illegal programmes of mass phone and internet interception to the UK daily The Guardian in May 2013, before fleeing to Hong Kong and subsequently being granted temporary asylum in Russia. Since the 9/11 tragedy and the initiation of a “Global War on Terror” by successive US governments and their allies in Europe and elsewhere, some national governments have grown increasingly intrusive in their handling of security matters. In the name of “peace” and “security”, many fundamental freedoms, notably freedom of expression and the right to privacy, are threatened and in some cases even trampled on. The (ongoing) NSA exposure has had colossal repercussions globally, including initiating intensive public debates on government secrecy, privacy, data protection, corporate complicity and on the limits of domestic and foreign surveillance. His act has also triggered the launch of parliamentary inquiries into the scope and legality of eavesdropping programmes, the review of the entire US intelligence and communications gathering technologies, major diplomatic incidents with the grounding and search of the plane of Bolivian President  Morales and serious incidents against basic media freedoms in the United Kingdom. In doing so, Mr Snowden took great risks for his own personal safety. He had to leave behind his career, his country and his loved ones. The violence of some official reactions demonstrates that he hit a deeply sensitive point in the current practices of many governments and state organisations. He has truly become, one step farther than his forerunners Julian Assange and Chelsea Manning, the very face of a major fault in our democratic systems. His action has immensely contributed to the advancement of democratic values and the global consciousness of our interdependency and interconnectedness, and hence of universal peace. And for all those reasons, he deserves the consideration of the Norwegian Nobel Committee to be honoured for the Nobel Peace Prize. Yours sincerely, Rebecca Harms
Daniel Cohn-Bendit
Jan Philipp Albrecht
Ska Keller
José Bové

Le prix Nobel de la Paix pour Edward Snowden

Nomination d’Edward Joseph Snowden pour le prix Nobel de la paix 2014



À l’attention du comité norvégien pour le prix Nobel:

Par la présente, nous exprimons notre souhait de nominer M. Edward Joseph Snowden (né le 21 juin 1983) pour le prix Nobel de la paix 2014, en raison de sa contribution exceptionnelle à l’avancée des valeurs démocratiques et à la prise de conscience globale de l’interdépendance et de l’interconnexion de l’espèce humaine, conditions pour une paix universelle.

En juin 2013, nous avons tous découvert le visage d’un jeune homme qui, du jour au lendemain, est devenu pour certains un symbole de la trahison d’État et pour beaucoup d’autres un défenseur héroïque des libertés les plus fondamentales. Lorsqu’il a révélé et publié des documents sur les services secrets espionnant l’Internet, les appels téléphoniques et d’autres données de communications, M. Snowden a mis en lumière les violations les plus amples et les plus systématiques de la vie privée observées dans « le monde libre » depuis des décennies.

Ancien sous-traitant pour la NSA (Agence de Sécurité Intérieure des États-Unis) et employé de la CIA, M. Snowden a transmis des milliers de documents de la NSA révélant les programmes d’interceptions téléphonique et Internet massifs et très intrusifs au quotidien britannique The Guardian en mai 2013, avant de s’enfuir vers Hong-Kong et d’obtenir un asile temporaire en Russie.

Depuis la tragédie du 11-Septembre et le déclenchement de la « guerre globale contre le terrorisme » par les gouvernements successifs des États-Unis et leurs alliés en Europe et ailleurs, l’attitude de certains gouvernements vis-à-vis des sujets de sécurité est devenue de plus en plus intrusive. Au nom de la « paix » et de la « sécurité », de nombreuses libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression et le droit à la vie privée, sont menacées, et même bafouées dans certains cas.

Les révélations (encore en cours) sur la NSA ont eu des répercussions globales colossales, notamment l’émergence de débats publics intenses sur le secret d’État, sur la vie privée, sur la protection des données, sur la complicité des entreprises et sur les limites de la surveillance nationale et internationale. Les actions de M. Snowden ont également déclenché le lancement d’enquêtes parlementaires sur la portée et la légalité des programmes d’écoutes, un examen de tout l’espionnage des États-Unis et des technologies de collecte des communications, des incidents diplomatiques majeurs avec l’atterrissage forcé et la fouille de l’avion du Président bolivien Morales, ainsi que des incidents sérieux contre les libertés fondamentales des médias au Royaume-Uni.

Ce faisant, M. Snowden a pris de grands risques pour sa propre sûreté personnelle. Il a dû abandonner sa carrière, son pays et ses proches. La violence de certaines réactions officielles démontre qu’il a touché un point profondément sensible dans les pratiques actuelles de nombreux gouvernements et organisations publiques. Il est véritablement devenu, un cran plus loin que ses précurseurs Julian Assange et Chelsea Manning, le visage symbolisant une faille majeure dans nos systèmes démocratiques.

Son action a contribué à une immense avancée des valeurs démocratiques et de la prise de conscience globale de notre interdépendance et de notre interconnexion, et donc de la paix universelle. Aussi pour toutes ces raisons, il mérite d’être considéré par le Comité norvégien Nobel pour recevoir le Prix Nobel de la Paix.

Très sincèrement,

Rebecca Harms
Daniel Cohn-Bendit
Jan Philipp Albrecht
Ska Keller
José Bové