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Protéger Schengen

Pourquoi les contrôles aux frontières intérieures de l’UE devraient être levés immédiatement


Les contrôles aux frontières dans l’espace Schengen européen mettent en péril l'une des réalisations les plus tangibles d'une Europe intégrée : la possibilité de voyager et de vivre ensemble dans un espace commun sans contrôles aux frontières intérieures. Les contrôles aux frontières intérieures divisent les familles et les amis, ils rétablissent les frontières entre des régions et des quartiers longtemps intégrés et sapent le processus de développement d'une nouvelle coopération régionale. Ils restreignent sérieusement notre liberté. 

Le groupe des Verts/ALE au Parlement européen défend les réalisations de l'espace Schengen. Il y a 35 ans, le 14 juin 1985, cinq États membres européens ont jeté, dans la petite ville de Schengen, les bases de la possibilité pour 400 millions de personnes de voyager et de vivre ensemble sans restriction en Europe. Nous devons maintenir cette réalisation. Elle est au cœur même du projet européen.

Les contrôles aux frontières intérieures pour lutter contre la pandémie sont inefficaces et illégaux. Ils ne contribuent pas à prévenir la propagation du virus, ils nuisent à l'activité économique et à la vie familiale des travailleurs frontaliers et ont de graves répercussions sur le droit à la libre circulation des citoyens de l'UE. Par conséquent, les contrôles aux frontières intérieures doivent être immédiatement levés et remplacés par des mesures plus appropriées et plus efficaces. Les capacités de contact tracing à l'échelle de l'UE par les autorités sanitaires doivent être renforcées d’urgence. Une application sur smartphone n'est pas nécessaire à cette fin. Les États membres doivent fournir des informations actualisées aux voyageurs. Ils doivent également coordonner leurs mesures de (dé)confinement au niveau transfrontalier et se conformer aux préconisations du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC)[1].

Notre appel à la libre circulation dans l'espace Schengen n'est pas un appel au "retour à la normale". Des mesures de confinement sont toujours nécessaires lorsque les taux d'infection sont élevés. Les gestes barrières, la distanciation physique, les mesures d'hygiène ainsi que les exigences de quarantaine doivent rester en place tant qu'un vaccin fiable contre le COVID-19 n'est pas disponible. Mais l'accent mis actuellement sur les contrôles aux frontières détourne l'attention des vraies solutions. Les alternatives aux contrôles frontaliers sont plus efficaces pour prévenir la propagation du virus. Il est donc d'autant plus injustifié de mettre en péril les réalisations de l'espace Schengen.

Malheureusement, la Commission n'est pour l'instant pas très utile pour trouver une alternative aux contrôles aux frontières dans l'espace Schengen. Dans sa communication sur la levée des contrôles aux frontières intérieures, la Commission propose de ne lever les contrôles aux frontières qu'entre les régions présentant des niveaux d'infection comparativement faibles et des mesures de confinement similaires[2]. Ainsi, en cas de deuxième vague, les frontières seront probablement à nouveau fermées. Si nous continuons ainsi, nous courons le risque que les États membres invoquent des menaces pour la santé publique comme raison légitime pour effectuer des contrôles aux frontières nationales et pour limiter la liberté de voyage et de circulation dans l'UE, ainsi que pour établir des discriminations entre les citoyens de l'UE.