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La pêche et la nature sous la Commission Juncker

La députée verte suédoise Isabella Lövin se déclare préoccupée par la dégradation de l'engagement en matière protection de la nature et de l'environnement.


 

Dans l'ensemble, êtes-vous satisfaite de la proposition de Jean-Claude Juncker ?

Je m'inquiète de la direction que la nouvelle Commission semble prendre. Mon avis est qu'il existe un risque clair que les politiques de l'environnement et de la pêche soient rétrogradées et que Jean-Claude Juncker mette davantage l'accent sur la croissance économique que sur la protection de l'environnement.

Quelle a été votre première réaction à la proposition de Karmenu Vella en tant que commissaire à l'environnement et à la pêche ?

Il est clair que Karmenu Vella aura deux lourdes responsabilités. Je n'ai pas d'opinion sur lui en tant que personne, mais il est clair que son portefeuille exigera un engagement énorme et j'espère qu'il est prêt à travailler dur pour protéger nos océans et notre environnement. J'espère que son ancien poste de ministre du Tourisme à Malte lui a permis de comprendre qu'il y a une valeur économique dans la nature, sans pour autant avoir besoin de l'exploiter et la détruire.

Qu'en est-il de la structure du portefeuille qu'il aura ?

Je suis très sceptique quant au choix de fusionner l'environnement et la pêche dans un unique portefeuille et rendre un commissaire responsable de secteurs qui étaient auparavant à la charge de différents commissaires. Les deux anciens commissaires chargés de ces portefeuilles, Janez Potočnik et Maria Damanaki, ont tous deux travaillé à plein temps dans leurs domaines de compétence respectifs. La commissaire à la pêche Maria Damanaki a consacré beaucoup de temps et d'efforts à la dimension internationale de la politique de la pêche, comme la protection des océans au niveau mondial et la lutte contre la pêche illégale au niveau international. Je crains que ces tâches soient désormais négligées, car Karmenu Vella aura également le portefeuille de l'environnement, plus large à traiter.

S'il est nommé, Karmenu Vella devra rendre des comptes au vice-président désigné pour l'Union de l'énergie Alenka Bratušek et au vice-président pour l'emploi, la croissance, l'investissement et la compétitivité Jyrki Katainen. Cependant, aucun de ces deux « super-commissaires » ne s'est vu attribuer par  Jean-Claude Juncker la défense de l'environnement en cas de conflit entre croissance et protection de l'environnement. C'est très inquiétant.

Si vous pouviez poser une question au candidat, quelle serait-elle ?

Dans les situations où il existera un conflit entre la préservation de la nature et l'économie, de quel côté serez-vous ?

À quelles autres questions pensez-vous qu'il devra répondre lors de son audition ?

Il devra clairement indiquer qu'il défendra la réforme de la politique commune de la pêche et appliquera cette dernière de la manière prévue par les co-législateurs. Il sera notamment de la responsabilité de la Commission de proposer des quotas de pêche qui permettront de plus grands stocks de poissons plutôt que des captures plus importantes à court terme. La politique commune de la pêche doit être mise en œuvre dans toute l'Europe - y compris en Méditerranée. Vella devra également aborder la question de la mise en œuvre de zones marines protégées.

Il devra faire preuve d'engagement pour rendre les accords de l'Union européenne sur  la pêche avec les pays d'Afrique et de l'Océan Pacifique cohérents avec la politique de développement de l'UE, le respect des besoins des pêcheurs locaux et le droit à la sécurité alimentaire.

L'UE doit être un leader en matière de durabilité et prévenir l'épuisement des stocks de poissons des pays pauvres. Nous devons arrêter la destruction des océans et les protéger pour nos enfants et les générations à venir.


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