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Panama papers : 1 an déjà

Une révolution a-t-elle eu lieu ?


Il y a un an, 100 journalistes d’investigation venant de 80 pays publiaient la plus grande fuite de documents de l’histoire : les Panama papers. La diffusion de 11,5 millions de documents et de milliers d’articles dans la presse a mis en lumière le scandale planétaire que sont l’évasion fiscale et le blanchiment d’argent. En d’autres termes : comment des criminels utilisent des paradis fiscaux pour dissimuler leur argent.

Les Panama papers ont permis de tirer la sonnette d’alarme. Les écologistes souhaitent à cette occasion remercier tous les journalistes qui ont rendu cela possible, ainsi que le lanceur d’alerte « John Doe » qui a pris le risque de transmettre ces informations. Elles devaient être rendues publiques. Les révélations qui ont suivi ont généré suffisamment de colère parmi les citoyens européens pour pousser nos dirigeants européens à agir. Mais sont-ils allés au bout de leur démarche ?

Pour certains, on peut affirmer que oui. La Commission européenne a répondu au scandale des Panama papers par une proposition de révision des normes européennes de lutte contre le blanchiment d’argent. Par exemple, elle suggère que l’identité des bénéficiaires réels des sociétés soit rendue publique. Cela contribuerait à stopper l’usage de sociétés écrans, un des moyens de dissimulation de prédilection des criminels.

Les écologistes défendent ces mesures depuis des années : mieux vaut tard que jamais ! La Commission européenne a également lancé une consultation publique sur une protection européenne des lanceurs d’alerte qui agissent pour l’intérêt public. Encore une fois, les écologistes préconisent une telle législation depuis longtemps. Un projet de texte législatif a même été rédigé par le groupe Vert au Parlement européen l’an dernier sur ce sujet.

Pour d’autres, le scandale des Panama papers ne semble pas avoir eu d’effet notable. Rien n’a changé fondamentalement. Nos dirigeants élus (chefs d’Etats et ministres des finances) s’opposent toujours à plus de transparence fiscale. Ils ne veulent ni connaître les bénéficiaires réels des sociétés ou des trusts ni demander aux multinationales d’indiquer avec plus de transparence où elles payent vraiment leurs impôts, pays par pays. En parallèle, ils ont affaibli les critères de sélection de la future liste noire des paradis fiscaux. C’est loin d’être une réponse appropriée à un scandale fiscal d’une telle ampleur.

En plus de cette lente et faible évolution au niveau européen, nos gouvernements n’ont pas davantage agi à l’échelon national. Les promoteurs des Panama papers ont-t-il été sanctionnés ? Avez-vous entendu parler d’un employé de HSBC, de la Société Générale ou même de Mossak Fonseca poursuivi en justice, mis en prison ou condamné à une amende dans un des Etats membres de l’UE ?

Il y a un an, nous lancions une pétition pour demander le jugement des coupables. Plus de 535 000 d’entre vous nous soutenaient dans cette démarche. Nous savions déjà que sans des intermédiaires – avocats, banquiers, comptables – monnayant leurs techniques astucieuses de dissimulation d’argent, il serait bien plus difficile de pratiquer l’évasion fiscale ou de blanchir l’argent sale. Nos enquêtes confirment cette conviction. Au mois de janvier, nous avons publié un rapport détaillant la quantité d’intermédiaires impliqués dans le blanchiment d’argent. En parcourant la liste, vous tomberez probablement sur des noms familiers !

Il est temps de mettre un terme à la culture du secret et de l’évasion fiscale promue par certains de ces intermédiaires. Cela ne pourra être accompli que si ces stratagèmes douteux n’en valent plus le risque. Autrement dit, il faut sanctionner plus sévèrement ceux qui choisissent d’enfreindre la loi (ou son esprit). Cela commencera avec le jugement de tous les complices de l’évasion fiscale et du blanchiment d’argent. La balle est dans le camp des Etats Membres !

 

One-year anniversary of the Panama Papers scandal

Have we seen a revolution yet?


One year ago today, over 100 investigative journalists working together from 80 countries, published the biggest leak in history, the Panama Papers. The release of 11.5 million documents and thousands of press articles allowed the world to understand the global scandal of tax evasion and money laundering. In other words: how criminals are using tax havens to hide their money.

The Panama Papers were a necessary wake-up call and the Greens want to take this opportunity to thank all of the journalists who made it happen, as well as the whistleblower “John Doe” who took the initial risk to transmit this information, which absolutely deserved public attention. The revelations that followed have created sufficient public anger to push our European leaders to act. But have they followed through?

For some, the answer is yes. The European Commission has responded to the Panama Papers with a proposal to revise Europe’s anti-money laundering standards. For example, it now suggests that we should have public information about the real, physical owners of companies. This would put an end to anonymous shell companies, which are one of the favourite ways for criminals to hide. 

The Greens have been defending these measures for years, but better late than never! The European Commission is also actively working on a proposal to protect whistleblowers in Europe who act in the public interest. Again, this is something the Greens have been advocating for a long time, we even wrote some draft legislation for inspiration last year.

For others, it seems like there hasn’t been a Panama Papers effect, since they continue their business as usual. Our elected leaders (our heads of state and finance ministers) still oppose greater tax transparency. They don’t want you to know who really owns companies or trusts and they don’t want to make multinationals more transparent about where they really pay their taxes. In the meantime, they have also weakened the criteria for selecting those who will appear on the future European blacklist of tax havens. This can hardly be considered an appropriate response to such a big tax scandal.

In addition to the weak progress at European level, our governments haven’t done the job at home either. Have the instigators of the Panama Papers been sanctioned? Have you heard of anyone from HSBC, Société Générale or even Mossack Fonseca in Europe be prosecuted, sent to jail or severely fined?

A year ago, we started a petition to ask for the culprits to be prosecuted and more than 535,000 of you supported us. We already knew at the time that without the facilitators – the lawyers, bankers or accountants – selling smart techniques to hide money it would be much harder to evade taxes or launder dirty money. And this is what our investigations have confirmed. In January, we published a report showing how many intermediaries are involved in the money laundering business; you’ll recognise more names than you’d think!
 

petition FB

It is high time we put a stop to the culture of secrecy and evasion promoted by some intermediaries. But this can only be done if the dodgy games are not worth the risk, meaning stronger sanctions against those who decide to break the law (or its spirit). And it starts by prosecuting all accomplices of the tax evasion and money laundering business. Dear elected leaders: the ball is in your court!


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