Communiqué de presse


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Industrie - Caterpillar, Alstom

Nous avons besoin d'une stratégie industrielle enfin sérieuse!


Les annonces récentes des fermetures des sites Caterpillar de Gosselies en Belgique et Alstom à Belfort en France ont une fois de plus révélé l’absence dramatique de stratégie industrielle européenne.

Le Parlement européen a adopté ce mercredi une résolution.

Yannick JADOT, Membre Verts-ALE de la Commission de l'industrie a déclaré:

" Une fois encore, les salariés d’Alstom et de Caterpillar se retrouvent victimes du manque de stratégie industrielle qui ronge l’Union européenne depuis des décennies. Les choix de politiques commerciales et la financiarisation de l’économie - fondée sur la maximisation des profits des actionnaires pour qui l’emploi est une variable d’ajustement - , ont durablement endommagé le tissu de l’industrie européenne.

Nous avons besoin de processus de production efficaces du point de vue énergétique, d'investissements dans les énergies renouvelables et de recourir à des marchés publics européens incluant la préférence géographique. Nous savons que les législations les plus avancées  au niveau environnemental ont généré innovation et compétitivité.

Le  jeu hypocrite entre industriels, abusant du chantage à l’emploi en attendant le renflouement in extremis par l’État, et responsables politiques, repoussant les décisions, a trop duré. Nous devons définir collectivement les secteurs stratégiques d’avenir à soutenir, les industries à défendre et à promouvoir. Il faut en finir avec cette vision totalement libre échangiste du monde et qui a d'ailleurs échoué. Sans cela, on laisse nos entreprises et le sort de notre planète seuls face à la mondialisation."

Karima DELLI, membre Verts-Ale de la Commission des affaires sociales considère pour sa part que:

"Le cas Alstom illustre l'absence de vision stratégique et de planification industrielle des gouvernements successifs. Plutôt que de faire évoluer notre industrie des transports vers l'avenir, elle a été engluée dans une gestion à court-terme.

Les premières victimes sont les employés. À Belfort, ce sont 400 emplois qui étaient suspendus à une décision de l'État d'injecter de l'argent public ou de passer commande pour des trains neufs. Le gouvernement a même envisagé pendant un temps de faire construire les trains du grand projet inutile Lyon-Turin sur le site de Belfort. On marche sur la tête en matière de politique industrielle avec un État pompier totalement incapable d'anticiper.

Aujourd'hui, Manuel Valls se vante d'avoir sauvé Alstom mais c'est bien son gouvernement qui a abandonné l'écotaxe, ouvert la voie aux autocars Macron, laissé s'installer le tout-camion au lieu de développer le fret ferroviaire. L'écotaxe c'est 1,5 milliard d'euro qu'on aurait pris aux transporteurs polluants pour rénover nos trains et faire fonctionner une industrie qui est encore localisée en France.

L'Europe ne fait pas mieux car le fonds Juncker dédié aux infrastructures finance pour moitié des élargissements ou la construction d'autoroutes alors même que Juncker s'était engagé à privilégier une mobilité durable et l'intermodalité."