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Communiqué de presse


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Le parlement capitule

Spéculation financière sur les matières premières


Le Parlement européen a approuvé aujourd'hui les règles adoptées par la Commission dans le cadre de la directive sur les marchés d'instruments financiers, en dépit d’importantes préoccupations concernant leur capacité à réellement mettre un terme à la spéculation sur les matières premières. La directive sur les marchés d'instruments financiers de 2014 était censée introduire des limites de position strictes pour courber la spéculation excessive sur les denrées alimentaires et autres produits de base tels que l'énergie. Malheureusement, l'acte délégué adopté par la Commission en décembre 2016 est une interprétation très faible de ce qui est prévu dans la directive.

Les députés Verts / ALE ont donc voté contre cet acte délégué.

Commentant après le vote, Eva JOLY, Députée du groupe VERT/ALE, membre de la Commission ECON, a déclaré :

« Les Verts ont âprement et depuis longtemps lutté pour limiter la spéculation sur les matières premières. Il est honteux de voir le Parlement capituler devant la décision de la Commission d'assouplir ces restrictions. Cette spéculation sur les prix des denrées alimentaires et de l'énergie augmente la volatilité des prix au détriment de tous les ménages mais plus particulièrement encore des personnes les plus vulnérables dans le monde. La crise alimentaire mondiale de 2007 qui a durement frappé les pays en développement a ses origines notamment dans la spéculation sur les denrées alimentaires. Les règles proposées par la Commission vont totalement à l'encontre des principes de sécurité alimentaire mondiale défendus par les écologistes. Elles s’opposent également à l’accès équitable aux autres produits vitaux conformément à la solidarité internationale et au commerce équitable."

José BOVÉ, député du groupe VERTS/ALE et membre de la Commission Agriculture, a ajouté :

« Ce vote s'oppose à un contrôle des fonds de spéculation qui font la pluie et le beau temps sur les marchés internationaux, et je le déplore. Les denrées agricoles de base restent soumises à des jeux spéculatifs qui créent des crises de grande ampleur comme nous l’avons vu en 2008 et 2010, jetant les paysans du Sud et du Nord dans la misère. Le plus dur reste toujours à faire : interdire la spéculation sur les produits agricoles pour qu’aucune bulle spéculative ne puisse éclater et faire flamber les cours. »