Communiqué de presse


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Frontières de l'UE / Réfugiés

FRONTEX transformée en agence d'expulsion


Le Parlement européen a approuvé aujourd'hui une proposition qui accroît les pouvoirs de l’agence européenne pour la gestion des frontières extérieures  (FRONTEX). Le groupe Verts-ALE s’est opposé à cette proposition.

Réaction de Ska KELLER (*) , Vice-Présidente et Porte-Parole du groupe Verts-ALE sur la politique des réfugiés :

" Cette proposition transformerait FRONTEX en agence de défense des frontières et de refoulement des réfugiés. Elle ne vise pas la protection des réfugiés et pénaliserait de surcroît les États membres qui laisseraient entrer trop de réfugiés ou qui n’expulseraient pas suffisamment de personnes qui n’auraient pas le droit de rester dans l'UE. Les États pourraient également être contraints d'accepter des opérations frontalières FRONTEX sous peine de se voir expulsés de l’espace Schengen. Ceci constitue une atteinte directe à l’esprit d’Union européenne.

Les droits humains et la protection des réfugiés sont clairement relégués au second plan. Malgré ses compétences accrues, FRONTEX ne sera pas tenue d'effectuer plus de sauvetages en mer. Ceci est absolument honteux quand on connaît les niveaux record de personnes ayant péri lors de la traversée de la Méditerranée.

Enfin, l’Union européenne poursuit sa politique d'externalisation de la protection des réfugiés. En vertu de ce nouveau régime, FRONTEX sera habilitée à effectuer des missions de coopération pour contrôler les frontières dans des pays tiers comme, par exemple,  la Libye. FRONTEX deviendrait ainsi complice de régimes défaillants du point de vue du respect des droits humains, de ceux des migrants et de la protection des réfugiés.

Le Parlement européen a néanmoins insisté pour que FRONTEX ne puisse pas se charger de l’expulsion de personnes d’un pays tiers comme, par exemple, la Serbie ou la Turquie, vers un autre pays tiers. Les Verts-ALE ont par ailleurs obtenu l’inclusion d’une disposition pour la création d'un mécanisme de plainte proprement dite. Les gens qui estimeront que leurs droits ne sont pas respectés dans le cadre d'une mission FRONTEX auront par conséquent au moins la possibilité de déposer leur plainte.

La gestion nécessaire des frontière ne peut s'exempter du respect des droits humains et le contrôle des frontières ne peut signifier un refus du droit à la protection pour les réfugiés."

(*) http://www.skakeller.de/en/topics/refugees-migration/more-power-for-frontex-no-boost-to-human-rights-the-new-european-border-and-coast-guard-system.html