Communiqué de presse


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Financement de l'UE

Le budget européen a besoin d'un système de ressources propres afin de porter des priorités communes


Le Parlement européen vient d'adopter un rapport sur le financement du budget de l'UE à partir de 2013. Le Groupe des verts/ALE accueille favorablement le soutien des eurodéputés pour l'établissement d'un système de 'ressources propres' approprié et efficace pour le financement du budget européen, une priorité verte de longue date, aussi bien que le rejet de toute tentative de réduction du budget de l'UE.

En demandant une augmentation de 5 % du budget européen, les parlementaires montrent, quoique timidement, que l’Europe doit passer à la vitesse supérieure. Mais c’est surtout en marquant leur volonté de renforcer l’autonomie budgétaire de l’Union vis-à-vis des 27 états membres que le vote des députés exprime une vision ambitieuse et novatrice de l’Europe. 

Après le vote, les eurodéputés du Groupe des Verts/ALE Isabelle DURANT et José BOVÉ ont déclaré ce qui suit.  

Isabelle DURANT, membre du groupe de travail pour l’élaboration du budget cadre (SURE) : 

"Pour des raisons à la fois identiques et différentes, mais dans tous les cas aggravées par la crise, les budgets nationaux sont tous en difficulté. C'est une évidence. Dans chacun de nos pays, quelles que soient les majorités, des efforts doivent être faits. 

Alors devant cette situation, il y a 2 options possibles:

  • La 1ère option, c'est celle qui consiste à porter seul les efforts à faire, en tentant de jouer avec plus ou moins de succès sur les dépenses et les recettes. Parfois même dans certains cas, en vénérant l'austérité comme un objectif en soi, les coupes dans les dépenses publiques et les revenus de remplacement comme une finalité, aggravant ainsi  la situation d'un très grand nombre de nos citoyens.
  • La seconde option, c'est d'accepter de changer de logique, de mutualiser les dépenses (de nombreux exemples ont été donnés) de solidariser nos destins budgétaires, de jouer le jeu des ressources propres par exemple via une taxation des transactions spéculatives.

 Car tout de même, on ne peut pas à la fois vouloir le beurre et l'argent du beurre, le rabais et les investissements dans les infrastructures, contribuer moins et recevoir plus.

 Ce travail de complémentarité, budgétaire au sens des recettes et des dépenses, mais aussi sur le terrain des règles tenables en matière de gouvernance économique et de supervision budgétaire, c'est l'objet même de la convention entre l'UE, les gouvernements et les parlements nationaux qui fait partie de nos recommandations que je veux défendre.

Au delà de tous les accents qu'on donné mes collègues, c'est aussi et surtout un travail dans la durée qu'il est urgent de lancer. La confiance dans le projet européen est à ce prix".

Aujourd’hui,75 % du budget européen provient des cotisations directes des Etats membres. C’est une conséquence  des accords de l’OMC qui ont privé l’UE des taxes qu’elles prélevaient aux frontières. Certains pays contributeurs nets profitent politiquement de cette situation pour peser sur les choix collectifs, imposer leurs priorités aux autres Etats membres. Cette situation sape le principe de solidarité au cœur du projet européen".

José BOVÉ, membre du groupe de travail pour l’élaboration du budget cadre (SURE) : 

"Les députés tendent la perche à M. Barroso pour qu’il explore de nouvelles possibilités pour financer l’Europe. La mise en place d’une Taxe sur les Transactions financières (Taxe Tobin) pourrait, selon les premières estimations des économistes, dégager près de 200 milliards d’euros tout en étant indolore pour les contribuables. Aujourd’hui, nous sommes incapables d’apporter une réponse à la crise du concombre ! Comment imaginer sérieusement que nous ayons les moyens de trouver des solutions au changement climatique ?

M. Barroso a jusqu’à la fin du mois pour préparer la position de la Commission. J’espère qu’il sera enfin inspiré par l’audace et l’ambition et ne se cantonnera plus au rôle ingrat de comptable en chef qui plait tant à Madame Merkel et à Monsieur Sarkozy".


Député(e)s responsables

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