Communiqué de presse


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Sommet européen

La controverse Juncker dépassée, l'UE doit maintenant garantir une Commission européenne forte


L'ensemble des chefs d’État et des gouvernements des vingt-huit États membres de l’Union européenne sont réunis aujourd’hui à Bruxelles pour désigner le nouveau Président de la Commission européenne. Rebecca Harms et Philippe Lamberts, co-présidents du groupe des Verts/ALE au Parlement européen, commentent les conclusions du sommet:
«Enfin l’Union européenne peut dépasser l'intarissable controverse suscitée par la candidature de Jean-Claude Juncker. Nous sommes très heureux que le candidat retenu soit pro-européen, favorable à plus d'intégration européenne et sensible au climat actuel en Europe où l'injustice sociale est préoccupante. Notre groupe est prêt à rencontrer M. Juncker pour entendre ses priorités. C'est seulement à l'issu de cette rencontre, en fonction de sa vision de la Commission européenne des cinq prochaine années, que nous pourrons décider ou non, de soutenir sa candidature. 
On ne peut pas choisir les candidats aux postes clefs de la Commission en fonction d'un agenda politique national ou/et en fonction des intérêts nationaux. L'Union européenne a besoin de personnes compétentes, engagées, et non pas de responsables politiques nationaux écartés qu'il faudrait recycler. Le Parlement européen doit veiller à cette cohérence. Ainsi, le poste du Haut Représentant de l'Union pour les affaires étrangères doit être attribué à une personne qualifiée, dotée d'une grande expertise diplomatique. Au vue des récents évènements qui se déroulent à nos frontières, au Sud et à l'Est de l'UE, mais aussi en Syrie et en Irak, une politique étrangère commune est indispensable. L'UE doit également montrer l'exemple en termes d'égalité professionnelle femmes-hommes: la donne doit être paritaire aux hauts postes des institutions de l’UE.
L’UE doit tabler sur une Union de l’énergie, où l'efficacité énergétique et la transition vers les énergies renouvelables sont primordiales et permettent la création de nouveaux emplois domestiques, tout en protégeant la santé et le climat. Malheureusement, ce sommet montre une fois de plus, que la plupart des chefs d’État et de gouvernement continuent à miser sur des sources d’énergie non durables et à haut risque comme le charbon et l’énergie nucléaire. D'ailleurs, les objectifs de l’UE en matière d’énergie et de climat à l'horizon 2030 sont beaucoup trop faibles pour atteindre les objectifs à long-terme de l’UE en matière de changement climatique.   
Nous nous réjouissons de la signature de l’accord de partenariat avec l’Ukraine aujourd’hui. Cela représente un soutien important au gouvernement de Kiev et à ses citoyens, un bon signal vers l'établissement d'une démocratie et d'un État de droit. Cependant, nous regrettons la politique individualiste de certains États membres: la France qui livre des navires de guerre à la Russie ou encore la signature de l’accord Southstream par l’Autriche. Ces actions nuisent à la crédibilité de l’UE en Ukraine. Pour peser davantage, l’UE a besoin d’une politique commune par rapport à la Russie et elle doit être prête à lever des sanctions économiques.»