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Press release


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New directive risks undermining the very freedoms it aims to protect

Terrorism


The European Parliament has today (16 Feb) adopted the new EU directive intended to support the fight against terrorism. Despite welcoming elements of the directive, the Greens/EFA Group voted against, citing a range of concerns regarding the definition of terrorist offences and the risks posed to fundamental freedoms.

In particular, the definition of "terrorist offenses" is far too broad, including actions which cause "major economic loss". The criminal offense of "public provocation" is also too vague, and would be open to interpretations by Member States that would seriously threaten freedom of expression.

 

Greens/EFA Justice and home affairs spokesperson, Jan Philipp Albrecht commented:

"Despite good progress in the harmonization of criminal offenses, improved information exchange and greater protection for victims, the problems with this directive are far too serious for us to give our support.

"What the directive defines as terrorism could be used by governments to criminalise political actions or protest. We risk a situation in which climate campaigners, or civil rights activists, could find themselves charged with terrorist offences if their actions cause economic damage. Likewise, the new criminal offense of public provocation could undermine freedom of expression."

 

Greens/EFA member of the Civil Liberties, Justice and Home Affairs committee Eva Joly added:

"We are deeply sceptical about the move to criminalise travel for the purposes of terrorism, including within the European Union. Suspects can already be arrested on the grounds of suspicion alone, making this new measure largely redundant. But while the added value of this new provision has not been demonstrated, there is a real risk of it being abused and misused in a discriminatory manner.

"It appears that, for the sake of being seen to be tough on terror, the very freedoms that terrorists want to undermine will end up diminished. Rather than creating lists of new and unclear offences, we should establish mandatory and automatic exchange of information between Member States and ensure closer cross-border cooperation in investigating known suspects."

Übers Ziel hinaus geschossen

Terrorismus-Richtlinie


Die Mehrheit der Abgeordneten im Europäischen Parlament hat an diesem Donnerstag einen Kompromiss zur neuen EU-Richtlinie zur Terrorismusbekämpfung angenommen. Die Grünen/EFA-Fraktion hat dagegen gestimmt, u.a. weil die Definition der „Terrorismusstraftaten“ viel zu weit geht und Handlungen einschließt, die „erhebliche wirtschaftliche Verluste“ verursachen. Auch der Straftatbestand der „öffentlichen Provokation“ ist zu vage gehalten und gefährdet die Meinungsfreiheit. Jan Philipp Albrecht, stellvertretender Vorsitzender des Innen- und Justizausschusses und innen- und justizpolitischer Sprecher der Grünen/EFA-Fraktion im Europäischen Parlament, erklärt:

„Die neue Terrorismus-Richtlinie schießt über das Ziel hinaus. Trotz guter Fortschritte bei der Vereinheitlichung von Straftatbeständen, einem verbesserten Informationsaustausch und stärkerem Opferschutz überwiegen die Probleme. Was die Richtlinie als Terrorismus definiert, könnte von den Regierungen der EU-Mitgliedstaaten genutzt werden, um politische Aktionen von Umwelt- oder Bürgerrechtsaktivisten zu kriminalisieren. Auch der neue Straftatbestand der öffentlichen Provokation könnte Eingriffe in die Meinungsfreiheit mit sich bringen. Der Aufruf zu terroristischen Handlungen steht schon unter Strafe. Besonders unglücklich ist eine Formulierung, die Reisen innerhalb der Europäischen Union unter Strafe stellt. Wer zur Vorbereitung von Straftaten Trainingslager besucht oder andere Handlungen begeht, kann bereits unter der jetzigen Rechtslage festgenommen und verurteilt werden. Die Verschärfungen in diesem Bereich sind Symbolpolitik auf Kosten grundlegender Freiheiten aller Menschen.

Wir brauchen keine Überversorgung an neuen Straftatbeständen. Im Kampf gegen den Terror hilft Polizeiarbeit mit gut ausgebildeter und ausgestatteter Polizei und grenzüberschreitende Zusammenarbeit bei den konkreten Ermittlungen gegenüber Verdächtigen und Risikopersonen. Hier muss der Fokus gesetzt werden, auch und gerade auf EU-Ebene.“  

Une législation sans effet sur le terrorisme mais susceptible de porter atteinte aux libertés

Anti-terrorisme


Le Parlement européen a adopté ce jeudi 16 février une directive censée améliorer la lutte contre le terrorisme. Encore une fois, la priorité est donnée à la multiplication des motifs d’incrimination aux contours souvent flous et potentiellement dangereux pour les libertés fondamentales, alors que l’essentiel est mis de côté, c’est-à-dire l’échange d’informations obligatoire et automatique entre États membres.

Réaction d’Eva JOLY, Membre Verts-ALE de la Commission libertés civiles et justice intérieure :

« En laissant l'échange d'informations à la discrétion des États, « sur demande ou de manière spontanée », cette directive ne résout pas les dysfonctionnements avérés au moment des attentats.  La seule réponse sérieuse aurait été de rendre  obligatoire et automatique cet échange.

Si nous voulons également harmoniser le droit pénal des États membres en matière de lutte contre le terrorisme pour améliorer la coopération policière et judiciaire, celle-ci ne peut se faire au détriment des libertés fondamentales.

Or, cette directive est inquiétante à plusieurs égards. En premier lieu, la définition retenue pour les infractions terroristes qui inclut la destruction d’infrastructures susceptible de provoquer « une perte économique majeure ».  Cette définition est inadmissible. Certains gouvernements pourraient en abuser dans le but de museler la contestation d’ONG ou d’activistes qui recourent à des actes de désobéissance civile. Le terrorisme a trait à des actes violents et de destructions susceptibles de mettre des vies en danger. Il n’a rien à voir avec un chiffre d’affaires!

De plus, les incertitudes juridiques et notions vagues comme, notamment, la provocation « indirecte », permettent des interprétations pouvant porter atteinte aux libertés d’expression et d’information.

Or, dans le climat actuel, et notamment à l’aune de la condamnation d’Ahmed H en Hongrie à 10 ans de prison pour des motifs prétendument terroristes, l’Europe ne peut se permettre d’adopter une directive dont les failles pourraient être exploitées par certains gouvernements.

Quant à la criminalisation du voyage en tant que tel, y compris à l’intérieur de l’Union, sa valeur ajoutée est plus que contestable. En effet, un individu suspecté de participer à des activités terroristes peut déjà être arrêté en raison de cette suspicion.

Enfin, la Commission n’a toujours pas réalisé l’évaluation nécessaire des mesures déjà existantes au niveau européen.

Nous ne gagnerons pas le combat contre le terrorisme en reniant davantage nos valeurs fondamentales. L’urgence, c’est de renforcer la coopération et l’échange d’informations entre États membres et de donner à la police et à la justice des moyens supplémentaires, tout en définissant un cadre légal clair et respectueux des libertés. »