Press release


Conditions de détention

Le Parlement européen sonne l'alarme sur les conditions de détention en Europe


Le Parlement européen a adopté aujourd’hui une résolution ambitieuse sur les conditions de détention dans l’Union européenne en réponse au Livre vert[1] récemment publié par la Commission européenne.

Alors qu’actuellement 634 000 personnes sont détenues dans l’Union européenne, dans des prisons souvent surpeuplées, cette résolution rappelle que les mauvaises conditions de détention ne sont pas seulement une violation patente des droits fondamentaux, elles ébranlent également la confiance dans les systèmes judiciaires dans les autres Etats membres, pourtant à la base d’une véritable coopération judiciaire en matière pénale dans l’Union Européenne.

Pour Eva Joly et Hélène Flautre, députées européennes, Groupe Verts/ALE:

« Cette résolution vient à point nommé rappeler quelques vérités oubliées- souvent volontairement - par nombre d’Etats-membres. Alors que le dernier rapport de la section française de l’Observatoire International des Prisons dénonce notamment le plan anachronique de Nicolas Sarkozy de créer 30 000 places de prison supplémentaires pour les courtes peines, cette résolution stipule clairement que les aménagements de peine, plus favorables à la prévention de la récidive que la détention, doivent être privilégiées. "

"Elle rappelle que des conditions humaines de détention, seules susceptibles de permettre une réinsertion réussie des détenus à l’issue de leur peine, sont très loin d’être la norme au sein de l’Union européenne. Surpeuplement, nombre important de prisonniers en détention provisoire abusive, suicides, aucun Etat membre ne fait figure de modèle. Certes, les conditions de détention peuvent apparaitre pour beaucoup un sujet de second plan en ces temps de crise. Elles sont pourtant le miroir de nos sociétés et gagneraient à être grandement améliorées ».

[1] Livre vert sur l’application de la législation de l’UE en matière de justice pénale dans le domaine de la détention – renforcer la confiance mutuelle dans l’espace judiciaire européen.