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Belo Monte Blog

Altamira


Altamira, Mercredi 10 Juillet 2013

 

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BELO MONTE - JOUR 3

Nous sommes arrivées à Altamira ce matin. Première étape : le survol du chantier. La rivière coule encore. Mais pour combien de temps? 

Nous avons mis 30 minutes pour aller du premier barrage aux turbines ! Le chantier fait 600 km carré ! Pharaonique. Une chose est claire : pour nous Belo Monte n'est plus un dossier mais une réalité de la démence humaine.

Cet après-midi, nous avons rencontré deux hommes de courage : le procureur Felicio Pontes, le premier à avoir déclaré que le barrage Belo Monte était contraire à la constitution. Il n'y a en effet pas eu de consultation préalable des Indiens, comme le demande la Convention 169 de l'Organisation Internationale du Travail que le Brésil a ratifié. En réponse, l'Etat brésilien a fait appel, grâce à une procédure qui date de la dictature.

M. Pontes nous demande de faire pression sur la Cour Suprême brésilienne pour qu'elle arbitre en sa faveur. C'est important, étant donné que la construction de pas moins de 40 barrages est prévue d'ici 20 ans. Le procureur ne désarme pas.

Le deuxième homme est "l'évêque du Xingu". Il paye au prix fort son engagement : deux gardes du corps l'accompagnent, 24h sur 24. Erwin Kräutler, prix Nobel alternatif en 2010, nous témoigne de la destruction et du chaos qui règne à Altamira : le prix du logement augmente, tout comme l'insécurité et la toxicomanie. Une mineure prostituée a été assassinée récemment.

Tant Felicio Pontes que Erwin Kräutler nous disent combien notre visite compte (c'est la première fois que des parlementaires européennes), combien ils se sentent seuls. Aujourd'hui a encore renforcé l'évidence : "no river, no life !".

 

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