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Contamination radioactive de l'eau potable et de l’alimentation

Les règles de protection de l'UE sont toujours décidées à huis clos


Depuis 2011, le 11 mars est devenu l'anniversaire de l'accident nucléaire de Fukushima. Il fait écho au 26 avril, le jour de l’accident de Tchernobyl, une autre catastrophe humaine et environnementale liée à l'énergie nucléaire, qui a eu lieu en 1986.

 

Bon nombre des réacteurs nucléaires actuels dans le monde sont le résultat de choix technologiques d’individus qui, pour certains, ne sont plus parmi nous. Pourtant, les conséquences de ces choix d’hier affectent les personnes vivant aujourd’hui partout dans le monde, ainsi que les générations à venir, bien au-delà des frontières politiques et des agendas électoraux.

 

Qu'ils soient environnementaux, économiques ou liés à la santé publique, les impacts de l’énergie nucléaire sont mondiaux et à très long terme.

 

On pourrait penser que pour un sujet aussi important, les décisions sont prises de la manière la plus démocratique et la plus inclusive possible, n'est-ce pas? Que, par exemple, les parlements élus débattent et décident de la façon de protéger les générations actuelles et futures en cas de problème. On s’attendrait notamment à ce que, en cas d'accident, les politiciens que vous avez choisis pour vous représenter aient préparé des mesures pour la protection immédiate de quelque chose dont nous dépendons tous, tous les jours: la nourriture et l'eau potable.

La réalité est tout autre : la contamination nucléaire n'est toujours pas réglementée selon les standards démocratiques les plus récents.

 

En 2016, après les accidents nucléaires de Tchernobyl et de Fukushima, et malgré la prise de conscience grandissante sur les dangers du nucléaire, le Conseil a revu les règles applicables et adopté un règlement fixant des niveaux maximaux autorisés de contamination radioactive des aliments pour la consommation humaine et animale après un accident nucléaire ou toute autre cas d'urgence radiologique. En 2013, le Conseil avait également adopté un autre règlement spécifique sur l'eau potable, qui définit les exigences relatives à la protection de la santé vis-à-vis des substances radioactives présente dans l’eau destinée à la consommation humaine.

 

Ces deux règlements sont fondés sur des recommandations d'experts, mais leurs liens possibles avec l'industrie nucléaire ne sont pas divulgués. Dans les deux cas, le Parlement européen - la seule institution européenne directement élue par tous les citoyens européens - n'a eu le pouvoir que de donner un avis non contraignant, contrairement aux autres sujets relevant de la sécurité alimentaire, où eurodéputé-e-s co-décident avec le Conseil, par exemple par un droit de veto sur les modifications des limites maximales de résidus de pesticides.

 

Le groupe des Verts/ALE a constamment fait pression en faveur d'un changement radical dans ce domaine : les décisions en matière de santé publique et de protection de l'environnement relatives au nucléaire devraient être basées sur le traité de Lisbonne, et non sur le poussiéreux traité Euratom de 1957, qui a été signé vingt-deux ans avec les premières élections européennes.  Une victoire importante de notre groupe a été, en septembre 2016,  d’obtenir la publication des noms des experts actuels. Malheureusement, la liste des expert-e-s est cachée dans un recoin du site de la DG Energie,  dans un document au titre bien évasif de « composition du groupe d’experts 2015-2020 ».  Les déclarations d’intérêts de chaque expert-e-s sont, quant à elles, toujours manquantes.

 


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