UE-Mercosur
Les gouvernements passent en force au mépris des agriculteurs et du Parlement européen.
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UE-Mercosur: les gouvernements passent en force au mépris des agriculteurs et du Parlement européen. |
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Ce vendredi 9 janvier, une majorité d’Etats membres* a voté en faveur de l’accord UE-Mercosur. Ils ont ainsi donné le feu vert à la Présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, et au Président du Conseil européen, Antonio Costa, pour s’envoler vers le Paraguay où se déroulera une cérémonie officielle de célébration de l’accord le 12 janvier. Ils ont aussi pris la décision d’appliquer de manière provisoire le volet commercial de l’Accord, sans attendre que le Parlement européen se prononce, ce qui est contraire à un accord cadre entre les institutions et au principe de coopération sincère inscrit dans les traités européens. Par ailleurs, les Etats membres ont entériné la législation censée protéger les agriculteurs de l’afflux de produits sensibles émanant du Mercosur (boeuf, volaille, soja, riz, éthanol, sucre…) alors même que ces derniers dénoncent depuis des mois, et aujourd’hui encore, l’inanité de cette mesure de sauvegarde. Celle-ci sera d’autant moins effective que le Conseil et la Commission ont supprimé l’article du Parlement européen sur les conditions de réciprocité. Enfin, les agriculteurs ne sont pas dupes par rapport à l’anticipation du versement de 45 milliards d’euros au titre de la Politique Agricole Commune, d’autant que le budget global a été amputé de 20 %. Il s’agit d’une double peine pour les agriculteurs européens qui n'obtiennent aucune garantie ni contre la concurrence déloyale, ni en matière de revenu. |
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Déclaration de Saskia Bricmont, négociatrice de la position du Parlement européen sur l’accord pour le Groupe des Verts/ALE : « Le vote de nos gouvernements exprime un mépris de nos agriculteurs et du processus démocratique européen. Un déni de démocratie qui coûtera cher aux contribuables, qui devront en supporter les coûts que sont les pertes et compensations liées aux impacts négatifs de l’accord, relativement aux emplois ou à la santé par exemple. J’ai demandé à la Présidente du Parlement européen, au Président de la Commission du Commerce international et à la Commission européenne de signifier leur désapprobation auprès de la Présidence chypriote du Conseil, concernant l’entrée en vigueur provisoire de l’accord avant le vote de consentement du Parlement européen. J’appelle mes collègues des autres Groupes à en faire autant car quelles que soient les évaluations de l’accord, le Parlement - et à travers lui, les Européel.ne.s - n’est pas respecté. Enfin, maintenant que la position du Conseil est claire, je demande à la Présidente du Parlement européen de mettre au vote, comme elle s’y était engagée, la résolution que j’ai cosignée avec 144 autres eurodéputés pour demander un avis de la Cour européenne de Justice sur la compatibilité de l’accord UE-Mercosur avec les Traités européens”. *La France, la Pologne, l’Irlande, l’Autriche et la Hongrie ont voté contre; la Belgique s’est abstenue. |

