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Déclaration de Majdouline Sbaï, députée du groupe Verts-ALE, membre de la commission environnement, climat et sécurité alimentaire du Parlement européen :
« Nous avons laissé l'industrie contaminer notre eau, nos sols, notre alimentation et
désormais jusqu'à notre propre sang. Nous ne sommes plus seulement face à un risque, mais face à une contamination généralisée.
Trouver du TFA dans 100 % des échantillons sanguins prouve que la fausse promesse d'une substitution "sans danger" par des PFAS ultra-courts est un fiasco sanitaire.
Il est temps que l'Europe mette fin à l'impunité des polluants éternels. Cette irresponsabilité industrielle ne peut plus se faire au détriment de la santé des Européen.ne.s ou des personnes particulièrement exposées au travail. L'Europe doit prendre ses responsabilités : imposer des valeurs limites d'exposition professionnelle quand il n’y a pas encore d'alternative, renforcer le suivi médical des travailleurs et contraindre les entreprises à prévenir les risques à la source. »
Déclaration de Marie TOUSSAINT, vice- présidente du Groupe Vert/ALE :
“Les risques sanitaires liés aux PFAS menacent notre santé à toutes et tous, mais frappent en premier lieu les travailleurs qui y sont exposés au quotidien, sans aucune reconnaissance ni protection. Cancers, troubles de la fertilité, perturbations du système immunitaire : les conséquences de l'exposition à certaines de ces substances sont déjà documentées, tandis que de nombreuses incertitudes demeurent sur les effets du TFA. Combien d'alertes faudra-t-il encore avant d'agir ? Combien de pompiers, d'ouvrières et d'ouvriers de la chimie ou de la plasturgie devront tomber malades avant que leur exposition professionnelle soit enfin prise au sérieux ?
Il est temps de mettre fin à cette fuite en avant chimique, d'interdire les PFAS et de faire payer les pollueurs plutôt que de laisser les citoyens, et en premier lieu les travailleurs, supporter le coût de cette contamination.
Nous avons besoin une législation européenne qui oblige les employeurs à détecter et recenser les PFAS présents sur chaque site, comme cela existe déjà pour l'amiante. Elle devra également garantir à chaque travailleur une traçabilité de son exposition tout au long de sa carrière et une reconnaissance facilitée en maladie professionnelle quand le mal est fait. »
Pour rappel :
-Le TFA est un produit de dégradation de nombreux composés fluorés : réfrigérants, pesticides, médicaments, et d'autres PFAS eux-mêmes. Extrêmement mobile et persistant, il est considéré comme le plus petit composé de la famille des PFAS et s'accumule particulièrement dans l'eau et les cultures.
-En juin dernier, le comité d’évaluation des risques de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) a recommandé de classer le TFA comme toxique pour la reproduction (catégorie 1B).
-En juillet de cette année, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a divisé par 3,5 la dose journalière tolérable de TFA, sur la base d'effets sur la thyroïde observés dans des études animales.
-L’ECHA examine depuis trois ans une proposition visant à interdire de manière générale les PFAS. Elle publiera son évaluation scientifique finale à la fin de cette année. En 2027, la Commission européenne présentera une proposition visant à restreindre l'utilisation des PFAS sur la base de cette évaluation.
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